L’article de La Voix Acadienne:
(Photo – Isabelle Lantagne) Bas de photo : La députée de Stratford-Kinlock, Cynthia Dunsford, circule toujours à vélo. Cette auteure et comédienne est membre fondatrice de la coalition environnementale de l’Île-du-Prince-Édouard, de la commune sur la rue Queen et de BUG PEI (Bike User Group). Elle fait partie de l’Association des femmes d’affaires de l’Île. H
Isabelle Lantagne
Sa première initiative depuis son élection le 28 mai dernier : mettre sur pied un caucus non partisan composé de femmes. “J’y avais pensé avant même d’être élue”, dit la députée libérale Cynthia Dunsford assise dans son bureau situé au second étage de l’édifice Georges Coles.
“Il existe déjà plusieurs groupes de femmes au Canada, dont le caucus national libéral des femmes. Mais aucun de ces comités n’inclut des représentants de deux ou trois partis politiques”, ajoute Cynthia Dunsford.
Répondre à un besoin
“Ici j’ai constaté que beaucoup de femmes d’organismes ou comités travaillaient depuis longtemps sur des dossiers qui touchent les femmes et les enfants. Je souhaite leur donner une voix sur la plate-forme politique”, dit-elle. Sept députées de Île-du-Prince-Édouard forment le caucus dont le but est de faire entendre ces dossiers à l’Assemblée législative.
Violence conjugale, sécurité des enfants, alphabétisation, obésité juvénile, sont des problématiques qui préoccupent la communauté de l’Île. “Le caucus ne dictera pas un agenda. Notre porte est ouverte. Nous voulons que les groupes de pression ou les organismes viennent nous voir. Nous voulons qu’ils s’impliquent. Et une fois embarqués, ils verront que la politique n’est pas si pire* Que ça marche! Qu’il est possible de changer les choses!”, dit-elle.
L’idée
Pour Cynthia Dunsford, le caucus est une façon d’inclure plus de femmes dans le processus politique, une étape essentielle pour développer des politiques justes et équita- bles qui bénéficieront à tous les membres de la commu- nauté. Le caucus fournirait des ressources stratégiques afin de promouvoir le leadership des femmes à travers des conférences, des séminaires, des formations et du réseautage.
La prochaine étape est la première rencontre du caucus. “Nous élirons une présidente d’assemblée et nous nous mettrons d’accord sur le mandat du caucus et sur les objectifs à atteindre”, explique Cynthia Dunsford.
La politique, une question de genre ?
“Il est plus difficile pour une femme que pour un homme de se faire une place en politique, une place dans laquelle les gens la prendront au sérieux. De plus, les mères qui veulent se lancer en politique n’ont aucun appui pour les aider avec la garde des enfants. Le ‘old boys club’ ou les ‘back room boys’ existent encore. Même si tu n’aimes pas ça, tu dois en faire partie si tu veux faire ta place”, explique Cynthia Dunsford.
“Beaucoup d’hommes croient que les femmes sont hystériques. C’est à nous de prouver aux hommes et aux femmes que nous pouvons penser, que nous sommes créatives et que nous avons l’énergie pour trouver les solutions”, explique-t-elle.
“D’autres raisons empêchent les gens de se lancer en politique, de s’impliquer. Le cynisme est une raison. Les élus sont scrutés à la loupe et constamment critiqués publi- quement. Ce n’est pas une situation attirante pour beaucoup de gens.”
Cynthia Dunsford appelle pour une politique moins cynique et plus équitable entre les genres. Une politique nouvelle et moderne. Une politique qui fait appel aux différentes perspectives.
“Nous voulons que des femmes de différentes régions de l’île représentent les intérêts de leur communauté”, dit-elle.














